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MOULIN À PAROLES

Les "Millenials" bousculent les codes de l'entreprise

09/11/2017
Thierno Bathily
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L’avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication semble particulièrement destiné aux nouvelles générations, les bien-nommées X et Y. A moins que se ne soient elles qui les ai façonnées. Avec celles-ci, c’est tout un pan de l’entreprise tel qu’on la connaissait avant qui est chamboulé. Ainsi ces nouvelles générations ont une vision presque diamétralement opposée à celle de leurs aînés sur la question de la gestion et du management en entreprise. Dès lors, il convient pour les entreprises de maîtriser ces nouveaux codes de management pour mieux assimiler et être en phase avec les aspirations de ces individus d’un tout autre univers.

C’est tout l’objet de la seconde conférence de la première journée des JTIC qui se proposait de mettre la lumière sur ces nouvelles générations et leur propension à constamment « réinventer les codes du recrutement et du management dans l’entreprise ». Ainsi, il était question de comprendre les attentes de ces “millenials” mais aussi de savoir comment les attirer et les fidéliser. Ce dernier terme est tout aussi crucial car c’est une génération qui cherche davantage l’épanouissement et le bien-être dans l’entreprise plutôt que la seule raison financière. Ils n’hésiteront donc pas à « changer d’entreprise comme ils changeraient de relations sur Tinder », note Catherine Matt directrice de Fischbein France. Surtout, il s’avère adeptes du nomadisme, et sont de fait presque devenus une denrée que tout le monde s’arrache. De quoi conduire à ce que certains considèrent comme « une guerre des talents » qui rend leur recrutement plus flexible et par extension plus difficile.

Face à ce constat, plusieurs leviers d’action sont mis en place dans les entreprises. La première étape vient en amont même de la future relation recrue-manager. Il s’agit en effet de revoir les nouveaux modes de recrutement de ces “millenials”. Avec une question essentielle : « le CV va-t-il disparaitre un jour ? », s’interroge Didier Perraudin, fondateur d’Uptoo, cabinet de recrutement de commerciaux. Notons que celui-ci a fait le choix d’avoir une équipe de collaborateurs entièrement constituée de jeunes diplômés (une soixantaine). Lors de son intervention, il est notamment revenu sur l’émergence des candidatures dites numériques qui tendent de plus en plus à « digitaliser les process de candidatures et de sélection » au détriment des process plus physiques et ce dans la plupart des secteurs. Dès lors, le départage des candidats de sa plateforme, par l’intermédiaire de l’intelligence artificielle, se fait en prenant davantage en compte leurs compétences et surtout leurs « envies », avec l’objectif de réellement faire correspondre les attentes des candidats et ceux du recruteur.

« L’entreprise comme moyen d’épanouissement »

Dans la seconde phase, qui est plutôt celle de la gestion des talents, il importe de se débarrasser des codes antérieurs qui sont de plus en plus délaissés par les millenials. Ainsi, comme le suggère Olga Sieber, directrice de recrutement et de gestion des talents de Neovia, ils sont plus dans la recherche d’un « chemin de carrière personnalisé » et non figé, une communication plus directe et des retours plus réguliers, une juste récompense de la performance ou encore « une transparence et un accès direct au manager ». Pour ce faire, son entreprise a développé deux modèles -”Welcome” et “Cross’in Borders”- basés sur le mentoring rapproché pour accompagner ses jeunes recrues de la finalisation du recrutement à l’installation au poste en passant par le management au quotidien. Cette nouvelle stratégie de gestion des “millenials” tend à prouver qu’ils considèrent l’entreprise « comme un moyen d’épanouissement », et donc que la meilleure d’entre elles n’est pas forcément celle qui propose le meilleur salaire, tout le contraire de leurs ainés qui la voyaient plutôt comme une « appartenance », conclut Pierre Cassonne, directeur commercial de Böcker France.

Cette conférence a été l’occasion pour l’AEMIC de présenter son nouvel outil de diffusion en ligne des offres d’emploi dédié à la filière céréalière. A découvrir ici

Retrouvez un compte-rendu plus complet de cette conférence dans une prochaine édition d’Industries des Céréales.

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