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MOULIN À PAROLES

Les meuniers tirent la sonnette d'alarme et réclament la suppression de la taxe Farine

10/10/2016
M. R.
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« La meunerie est aujourd'hui devenue un secteur fragile dans un contexte économique précaire, regrette Lionel Deloingce, président de l’ANMF, dans un communiqué en réaction au maintien de la taxe Farine dans la loi de Finances 2017, dont le projet a été publié le 28 septembre. La gestion de la qualité des blés 2016, synonyme de surcoûts pour la profession, renforce la nécessité d’alléger les charges qui pèsent sur ses entreprises. Comptant désormais sur la voie des amendements, les meuniers réitèrent leur demande au gouvernement « de suppression de la taxe Farine pour permettre à la profession de ne pas travailler à perte et de pouvoir s'inscrire dans l'avenir ».

 

Un rapport parlementaire donnant raison à la profession 

La taxe Farine a été maintenue alors qu’un rapport parlementaire, présenté en juin dernier, donnait raison à la meunerie française. La Cour des comptes avait par ailleurs signalé, dans un rapport de 2014, que « les taxes sur les farines et les céréales figurent au nombre de celles dont le coût de gestion est le plus coûteux ». 

Une rentabilité à zéro 

La meunerie française avait ces derniers mois renouvelé sa demande de suppression de cette taxe qu’elle juge injuste. Abondant le financement de la CCMSA (Caisse centrale de la mutualité sociale agricole), celle-ci ne serait pas toujours récupérée sur les produits importés, faute de déclaration, créant des inégalités qui affectent la rentabilité des industriels de l’Hexagone. Depuis des années, «nous subissons de plein fouet la concurrence d'acteurs européens moins taxés sur notre propre territoire », confirme Lionel Deloingce. « Les difficultés conjoncturelles liées aux mauvaises récoltes s'additionnant, notre rentabilité́ est aujourd'hui à̀ zéro », assure-t-il. « Ce manque de rentabilité n’est pas dû à nos choix, mais à des éléments extérieurs », avait-il dénoncé lors d’un point presse, début septembre.

« Les Français sont attachés à la qualité de leur pain, nous sommes donc attachés à continuer à fournir des farines de haute qualité française », lance le président de l’ANMF, dans le communiqué du 10 octobre. L'enjeu porterait sur 64M€, précise le document, soulignant que ce sont 6.000 emplois directs et 35.000 indirects, non délocalisables, qui sont en jeux. « Le Gouvernement souhaite-t-il faire disparaître un savoir-faire français reconnu et apprécié́ bien au-delà̀ de nos frontières ? », interroge le meunier de façon rhétorique

 

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