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MOULIN À PAROLES

Les agro-industries se mobilisent face à la crise

19/03/2020
M.R.
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Le gouvernement a salué l’engagement des industries agroalimentaires, ainsi que celui de leurs salairiés, pour faire face à la crise générée par l’épidémie de Covid-19. « Dès le début de la crise (…) vous avez répondu présent », soulignent les ministres de l'Economie et de l'Agriculture, Bruno Lemaire et Didier Guillaume, dans un courrier en date du 17 mars, leur étant adressé. Ils insistent sur le caractère « crucial et stratégique » de « la sécurisation du processus de fabrication et d'approvisionnement en denrées alimentaires ». Les industriels de l'agroalimentaire, et les artisans et leurs filières restent mobilisés et adaptent leurs productions.

 

Augmentation des cadences de production

En vue d'un confinement « jusqu'à nouvel ordre », les Français, avec des familles conduites à se restaurer 7/7j à domicile, au dîner comme au déjeuner, ont acheté davantage de vivres. Les industriels font en sorte de maintenir l'approvisionnement régulier des magasins en denrées alimentaires. Ils optimisent leurs habitudes en internes pour limiter les risques sanitaires, mais adaptent aussi leurs logiques industrielles.

Pour fluidifier les stocks et éviter les ruptures, les fabricants de pâtes, produits de première nécessité dévalisés dans les rayons des supermarchés, ont ainsi revu leurs plans de production: ils se concentrent sur les formes classiques, coquillettes et spaghettis, macraonis et penne notamment. Elles s'avèrent plus rapides à confectionner que les pâtes sophistiquées, et évite les ruptures de charge ce qui permet d'accroître les cadences de production, indique le groupe Panzani. Ses ventes ont d’ores et déjà été multipliées par près de deux (Linéaires 16/03) et les usines tourneraient désormais 100%. Ses unités tournent jour et nuit, toute la semaine durant, et ce depuis près de trois semaines. Le groupe se concentre par ailleurs sur l'approvisionnement du marché domestique... Se posera néanmoins la question des disponibilités du blé dur origine France sur la fin de la campagne.

 

Les commerces de proximité s'adaptent

Les boulangeries ont de leur côté été autorisées à ouvrir tous les jours de la semaine sur l’ensemble du territoire par la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Là aussi des messages sanitaires sont martelés (distances de sécurité à respecter, lavages des mains réguliers, privilégier le paiement par cartes bancaires...). Les meuniers maintiennent évidemment la production et les approvisionnements. Ils adaptent pour cela leurs plannings de production. L’ensemble des transformateurs doit aussi composer avec de problématiques de présence de certains salariés.

Reflet de la situation de restrictions des mouvements de la population, les demandes de digitalisation des magasins de proximité explosent: « Depuis vendredi dernier (...) pour faire face à la grande distribution, pour faciliter l'écoulement des stocks » et « évoluer vers une solution facilitant les échanges commerciaux, nous avons enregistré une hausse des demandes d'adhésion », explique Steeve Broutin, dirigeant de Rapidle, solution de click and collect et livraison pour commerces de proximité. Les nouvelles demandes sont passées de 2 à 40 par jour, « et ce chiffre risque d'augmenter ! » Les boutiques les plus demandeuses sont les pharmacies puis viennent les boucheries et les boulangeries. Et le nombre de commandes par jour via leur solution digitale a augmenté de 78 %.

 

Les produits carnés également sollicités

« Les livraisons de produits en charcuterie et en plats cuisinés auprès des distributeurs ont augmenté de 20 à 30 % », indique le groupe Fleury Michon (Le journal des entreprises 17/03). L'industriel a réaffecté certains de ses sites de production. Et ceux-ci sont désormais opérationnels 6 jours au lieu de 5. Le groupe n'écarte pas l'idée d'avoir recours au prêt de salariés si besoin. De son côté, le Snia s'est dit mobilisé pour «trouver des solutions aux difficultés rencontrées par les opérateurs », avec notamment un manque de disponiblités des chauffeurs, afin d' « assurer le maintien de l'activité et les livraisons des élevages »

 

Mobilisation des agro-industries pour la production de désinfectants

Au-delà de la composante alimentaire, Tereos, premier producteur d'alcool, a également annoncé avoir démarré, dans 5 de ses usines, la production de gel hydroalcoolique. Les volumes sont « mis gratuitement à disposition des Agences régionales de Santé et des hôpitaux. » Le groupe Cristal Union a de son côté décidé d'arrêter la production de bioéthanol sur la distillerie d'Arcis sur Aube pour réorienter sa production vers l'alcool éthylique, pour les consommateurs à la recherche de produits désinfectants.

Comme beaucoup le soulignent sur les réseau sociaux, les Français redécouvrent en cette période de crise que détenir une agriculture et un tissu industriel solides et efficaces, constitue une vraie richesse.

 


Soutien aux entreprises

Bruno Lemaire a annoncé la mobilisation de 45 milliards d’euros, dont 8,5 milliards d’euros pour financer le chômage partiel (indemnisé jusqu’à 4,5 smic) et 32 pour le report des charges fiscales et sociales des entreprises en difficulté, sur mars et avril. La création d’un fonds de garantie de l’Etat de 300 milliards d’euros pour les nouveaux prêts bancaires est aussi envisagé dans le projet de loi qui devait être examiné en cette fin de semaine.

 

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