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MOULIN À PAROLES

Le "silo virtuel" en cours de conceptualisation

Mis à jour le 02/03/2016
02/03/2016
Marianne Roumégoux
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Dans la droite ligne de l’innovation 4.0, InVivo planche sur un projet de “silo virtuel” pour optmimiser l’activité d’exportation céréalière, confie Laurent Martel, directeur du pôle Agriculture, rencontré le 1er mars au Sia. Dans un contexte international de plus en plus concurrentiel, l’Hexagone doit accroître sa performance en matière d’expédition avec des schémas plus économiques, ce qui suppose notamment d’en améliorer la fluidité. L’union de coopératives imagine dès lors un modèle où les navires commandés seraient chargés, en direct depuis les trains, sans avoir à stocker les grains sur le portuaire. Cela suppose une logistique tirée au cordeau en amont. InVivo compte sur l’apport du digital pour être à même de valider rapidement la faisabilité et l’enclenchement de l’envoi des céréales, voire même d’anticiper les flux.

Stocker les volumes sur l’hinterland...

Les structures portuaires traditionnelles s’appuient sur de grosses cellules. « On touche alors au domaine de l’industrie lourde avec des amortissements qui se réfléchissent sur 25-40 ans », rappelle Laurent Martel. Cela affecte donc la rentabilité des investissements. Aujourd’hui, schématiquement, les silos d’expédition sont remplis et l’on attend que les contrats tombent pour les vider et appeler de nouveaux volumes. Or, stocker sur le port coûte plus cher que chez l’OS. 

 

Un outil pour améliorer la compétivité à l’expot

 

« On considère le coût par tonne de construction autour de 150€ pour un silo de campagne et jusqu’à 450 sur le portuaire, complète le spécialiste. Des frais de concession viennent s’y ajouter. Très variables suivant les sites, ils sont difficiles à chiffrer, mais ne sont pas neutres. » De plus, « si en France les installations portuaires assurent 10 rotations par an, en Russie elles atteignent un rythme de 40 et sur le Mississipi de 80. Nous avons donc l’obligation d’optimiser ce paramètre » pour rester dans la course.

… Et gérer les expéditions en flux tendu

InVivo réfléchit son projet sur le site de Nantes/Montoir. Et ce pour deux raisons : tout d’abord, exporter sur Rouen suppose de passer par Paris, ce qui complique la logistique, explique Laurent Martel. Mais surtout, les difficultés rencontrées par le secteur de l’élevage « poussent des volumes de céréales de l’ouest de la France vers le débouché exportNous tablons sur un flux de 2 Mt/an à charger sur ce siteSi l’on raisonne en Panamax, cela ne représenterait que 60 jours d’occupation des quais. » Difficile d’envisager investir dans une structure lourde... La solution serait alors de stocker dans l’hinterland et d’assurer l’arrivée des céréales, en temps réel, ce qui au passage améliorait encore la traçabilité. Dans ce schéma, seul « un silo d’appoint » serait nécessaire sur la zone portuaire.

L’apport du digital pour allier réactivité et anticipation

Cette option impose une logistique bien huilée et réactive. « Il faut une excellente coordination avec les coopératives en ce qui concerne les volumes et qualités disponibles, mais aussi avec les opérateurs ferroviaires pour un montage à même d’acheminer rapidement 60.000t vers le port. »  Etude de la faisabilité, calcul des délais, des itinéraires, des coûts, validation des livraisons,... feront appel à la puissance du numérique pour une réactivité maximale. « L’idéal serait même d’être capable d’anticiper les besoins », en se basant sur des données historiques d’achats enregistrés sur les précédentes campagnes recoupés, entre autres, avec les contextes de prix« On ne peut plus être dépendants de la décision des producteurs d’alimenter ou non le marché. Et ce d’autant qu’ils restent focalisés sur la référence rouennaise alors que le prix du blé se définit désormais en Russie ! » 

En phase de lancement

L’exploitation des données supposerait la conception d’outils informatiques adaptés. C’est Smag, la filiale d’InVivo spécialisée sur le développement de solutions digitales, qui en assurerait la maitrise d’œuvre sur ce sujet. « Des sites coopératifs aux manutentionnaires de la zone portuaire, les différents acteurs ont été mobilisés autour de ce projet du “silo virtuel”, confie Laurent Martel. Nous devrions boucler le cahier des charges avant l’été. Et, comme on parle de numérique, après, tout peut aller très vite. » L’export 4.0 ? C’est donc peut-être pour très bientôt…

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