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MOULIN À PAROLES

Face à la versatilité des exigences des consommateurs, les entreprises de l'agroalimentaire à l'affût des nouvelles tendances

09/11/2017
Thierno Bathily
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On dit souvent que le client est roi. Cet adage ne s’est jamais autant vérifié qu’aujourd’hui. A l’heure où de multiples scandales sanitaires et alimentaires secouent l’actualité et qu’une véritable prise de conscience semble s’être emparée des consommateurs notamment sur l’impact économique, social et écologique des produits qu’ils consomment, les entreprises sont plus que jamais à l’affût des nouvelles tendances adoptées par leurs clients. Ces tendances qui, il faut le dire ne sont plus forcément figées dans le temps, constituent pour les acteurs de la consommation le principal levier de réflexion qui influera sur leurs stratégies de production et de commercialisation.

La dernière conférence de la première journée des JTIC s’est proposée de décrypter les attentes des consommateurs de nos jours. Pour les satisfaire, les entreprises passent en tout cas essentiellement par trois leviers. Ainsi comme le rappelle Valérie Mousquès-Cami, secrétaire générale du CIFAP, il faut « renforcer la confiance » avec ces individus en s’entourant notamment de spécialistes pour proposer des produits sains et de qualité. De même, il importe de « parler pain » qui, pour Valérie Mousquès-Cami, consiste à promouvoir et valoriser le pain en agissant notamment auprès des relais d’opinion « comme relais de valorisation du pain ». Enfin, il est nécessaire de constamment analyser la société en amorçant « une observation continue des tendances de la consommation pour mieux répondre aux attentes », conclut-elle.

D’ailleurs pour revenir sur ces différentes tendances, Céline Laisney, directrice d’AlimAvenir, en a dressé les plus émergentes à l’horizon 2030. Parmi elles, nous retrouvons sans conteste l’essor continu du Bio qui a encore connu une croissance de 20% cette année, renforcée par les motivations sanitaires et environnementales de consommateurs qui y voient un gage de qualité. Dans la même veine, il y a également la consommation locavore qui tend à se démocratiser avec la multiplication des producteurs en circuit court mais aussi l’augmentation des produits locaux dans les GMS. Cette tendance bien réelle est cependant « difficile à mesurer » dans son ensemble, tempère Céline Laisney. Autres tendances non négligeables : la végétalisation de l’alimentation (surtout chez les jeunes), le développement du e-commerce et de la livraison de repas et enfin ce qu’elle appelle « l’alimentation connectée ». Cette dernière est en revanche quelque peu limitée par le « frein des différences culturelles et de la question des données personnelles ».

« Recherche d’une alimentation saine et respectueuse des écosystèmes »

Derrière ces différentes tendances se cachent des enjeux alimentaires conséquents. A travers les enquêtes comportements et consommateurs réalisées chaque année par le CREDOC, Pascale Hebel, directrice du pôle consommation et entreprises de l’institut, en a décelé quelques-uns qui revenaient constamment dans les réponses des sondés. Ainsi la thématique de l’alimentation durable était largement plébiscitée, avec des consommateurs qui recherchaient une alimentation « nutritionnellement adéquate et saine, culturellement acceptable, accessible, équitable et abordable » mais aussi respectueuse de la biodiversité et des écosystèmes. De même, ces consommateurs de plus en plus connectés ont de « forts besoins de rassurance conjoncturels » notamment pour ce qui est des crises alimentaires mais aussi pour la qualité des produits qu’ils consomment, eux qui sont désormais particulièrement friands de la consommation de proximité et des régimes “Sans”.

Retrouvez un compte-rendu plus complet de cette conférence dans une prochaine édition d’Industries des Céréales.

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