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MOULIN À PAROLES

A fond sur l'origine France

15/03/2018
Marianne Roumégoux
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Un virage semble se dessiner sur les filières agro-alimentaires. Les marques de lait ne mettent plus en avant la notion de prix toujours moins cher, mais se vantent désormais d’être celles qui rémunèrent le mieux les éleveurs. Effet des Etats généraux de l’Alimentation (EGA) ou conséquence du succès rencontré par la démarche "C'est qui le patron" (cf. IDC 206 p. 61), dans laquelle le consommateur définit le cahier des charges des produits ? Quoi qu’il en soit une prise de conscience semble s’opérer : la guerre des prix est délétère pour l’agriculture de notre pays. Sur des marchés mondialisés, les filières agroalimentaires cherchent des solutions, de nouveaux relais de croissance. Jouer la carte de l’origine France est l’une des stratégies privilégiées, les consommateurs semblant réceptifs à cet argument (cf. IDC 206 p. 9 et p. 63). Déjà, sur les écrans télé, les spots ne vantent plus le chocolat au bon lait, mais au lait de nos campagnes françaises !
Cette piste conduit à d’autres idées qui marqueraient un vrai changement : réinstaller plus d’unités de transformation sur l’ensemble du territoire ! Le président l'Intercéréales, Jean-François Loiseau, qui a dirigé le groupe de travail sur l’exportation des EGA, défend ainsi une densification du tissu industriel (cf. IDC 206 p. 48). Les enquêtes d’opinion menées pour la filière blé dur encouragent aussi, pour mieux vendre les pâtes, la valorisation de l’origine locale des matières premières (cf. IDC p. 46). Le développement d'un réseau de micro sites de fabrication, au plus près des consommateurs, est ainsi évoqué. Une transcription du phénomène spontané observé en brasserie.
Sur des secteurs plutôt habitués à des phénomènes de concentration, c'est un véritable changement de paradigme qui pourrait se jouer. Chimère ou solution durable ?
L'avenir nous le dira…

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