LE RÉSEAU DES PROFESSIONNELS
DES INDUSTRIES CÉRÉALIÈRES

MOULIN À PAROLES

Sensibilité à la germination avant récolte. Comment bien évaluer les variétés ?

01/05/2007
Philippe GATE, Benoît MÉLÉARD, Sophie SIMON, Marie Laure CASALS, Jean Albert FOUGEREUX, Pascal GIREAUDEAU
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Les aptitudes à la panification d’un blé sont largement affectées en présence de grains germés ou d’activité précoce des alpha-amylases. Le déclenchement de ces deux phénomènes est fonction de facteurs génétiques et variétaux en relation étroite avec les conditions environnementales. Par ailleurs, la germination avant récolte et l’indice de chute de Hagberg (test prédictif de l’intensité de l’activité des alpha-amylases) ne sont pas toujours liés. Dans le cadre d’un projet pluriannuel de recherche, financé par le GNIS, nous tentons d’identifier les différents déterminants de la germination avant récolte et du temps de chute de Hagberg afin de formaliser leur rôle respectif dans l’expression de ces deux processus. Sur cette base de compréhension, nous avons aussi comme objectif de proposer des indicateurs robustes capables de classer spécifiquement les variétés vis-à-vis de ces deux phénomènes. Des expérimentations spécifiques comportant 4 variétés de sensibilité distincte ont été mises en place dans différents types de milieu et sur plusieurs années. Afin d’obtenir des conditions environnementales variées, des recours à des dates de semis échelonnées ou à la brumisation ont été effectués. Quelle que soit la sensibilité de la variété, cette dernière est capable de germer à basse température (10 °C) à partir d’un stade identique que l’on peut estimer en quantité de chaleur reçue par le grain depuis la floraison. En revanche ce qui différencie le comportement des variétés est leur sensibilité propre à germer en fonction des températures plus élevées (> 10 °C). La réponse variétale de la germination à la température est tout à fait cohérente avec le classement des sensibilités variétales. On propose donc de retenir l’indice de dormance, effectué à partir d’un certain stade de croissance du grain, comme outil d’évaluation de la sensibilité variétale. On relève par ailleurs que les deux phénomènes que nous étudions sont étroitement liés à l’évolution de la teneur en eau des grains au cours du temps. Ce constat nous a conduit à concevoir un modèle agroclimatique de dessiccation des grains, susceptible de simuler avec un pas journalier les effets de la température et de la pluie. Pour évaluer strictement la sensibilité variétale aux bas temps de chute de Hagberg, nous proposons de brumiser les cultures avant la période de dessiccation, à un moment où la dormance est encore présente. La conception du modèle agroclimatique de dessiccation des grains ouvre des perspectives opérationnelles car il devient envisageable de déterminer un risque de germination ou de dégradation du temps de chute de Hagberg, à différents niveaux d’échelle (parcelle, région).

Article complet à lire dans la revue Industrie des Céréales numéro 152, page(s) 30-31, référence 152/30.

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