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MOULIN À PAROLES

Le blé français peine à retrouver sa place à l'export

07/03/2018
M.R.
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Le rythme des expéditions de blé français sur pays tiers peine à décoller. Comment s’explique cette inertie ?

François Gâtel, directeur de France Export Céréales: Effectivement. On se console en se disant que l'on fait mieux que la campagne dernière, où les volumes exportés sur pays tiers sont tombés à moins de 5,9Mt. Ce résultat correspondait aux volumes et qualités disponibles pour la campagne 2016/2017. Cette année, le potentiel d'exportation se situe à 10-11Mt, mais les spécialistes tablent sur 8,5 Mt. L'inquiétude est que les importateurs s'habituent à utiliser plus massivement d’autres origines que les blés français, notamment des blés en provenance de Russie.

 

Une tendance qui a été initiée l’an passé….

François Gâtel : Tout à fait. Focalisés sur notre malheur de la récolte 2016, nous n’avons pas porté attention à la poursuite de la montée en puissance de la production de blé russe. Chaque année, la récolte de la Russie augmente de l’équivalent du volume exporté habituellement par la France sur pays tiers. Ses tonnages ont bondi de 60% en moins de cinq ans, ce qui la porte à plus de 80 Mt pour 2017/2018. Et, comme il est prévu de le détailler lors de notre 9e journée Export, le 21/03 à Paris, au-delà de l’augmentation de ses tonnages, le pays progresse dans sa capacité logistique.

Certains utilisateurs, comme ceux du Maroc ont l’habitude d’assembler des blés des différentes origines pour optimiser leurs coûts de revient. D’autres, comme les transformateurs d’Afrique subsaharienne notamment, qui se tournent traditionnellement plutôt vers l’origine française, ont découvert le travail des blés russes en 2016 /2017. Ils s’y sont adaptés et leurs clients boulangers n’ont pas ressenti de différence. Cette expérience a levé leurs incertitudes quant à la gestion du différentiel qualitatif.

Comment parvenir à maintenir le blé français dans les carnets de commandes de ses clients traditionnels à l’exportation ?

François Gâtel : C’est tout l’enjeu de l’intervention de Pierre Duclos qui, en tant que représentant du Synacomex, tentera de lister les conditions à rassembler pour rester dans la course et relever ce challenge.

Pour plus d’informations : cliquez ici

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans l’édition 206 d’Industries des Céréales. 

Commentaires:

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1 commentaire

Par Anonymous - March 19, 2018 02:51
Bonjour,
Ex-étudiant ENSMIC et expatrié au Mexique depuis 8 ans, la promotion des céréales françaises est pas ou peu perçue par les industriels locaux. Pourtant, la France jouit d'une excellente réputation, et chaque jour de nouveaux fabricants d'équipements agro-industriels exportent au Mexique. Il faut prendre en compte également que le contexte politique actuel du voisin américain oriente le Mexique (et toute l'Amérique latine de manière générale) vers de nouveaux partenariats hors USA. A l'image de structures telles que l'USSEC pour le soja américain, il serait très intéressant de renforcer la promotion de nos céréales en Amérique Latine, à travers la création d’événements locaux hispanophones (conférences, formations, congrès, …) dans lesquels toute la chaine de valeur française pourrait diffuser son savoir-faire et les bénéfices des céréales françaises (depuis la sélection variétale jusqu’aux industries de transformation). Cela permettrait d'établir et/ou renforcer les liens avec les acteurs/décideurs locaux.
Cordialement
Christophe JAGUELIN
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